Oliviero Toscani a toujours fait montre d’irrévérence à l’adresse des dogmes de la publicité. Ses photos pour la marque Benetton ont choqué car le message ne correspondait pas forcément avec l’image. On peut être d’accord avec le fait qu’il n’est nullement nécessaire de montrer un malade du sida pour vendre du textile. Néanmoins, la dernière contribution d’ Oliviero Toscani mérite d’être saluée car elle remet sur le tapis le débat de l’anorexie et celui concernant les diktats de la société relatif aux canons de la beauté. J’avais déjà fait un billet à sujet. La photo met en scène une mannequin française atteinte d’anorexie. Elle s’appelle Isabelle Caro, elle est âgée de 27 ans comme moi et pèse 31 kilos pour 1m 75. Souhaitons-lui de se rétablir et de sortir de cette maladie.
La campagne parrainée par la marque de vêtement Nolita porte la signature «Non à l’anorexie». Elle bénéficie d’un soutien de poids du ministère de la Santé Italienne. «J’ai considéré qu’il était important que Toscani évoque un thème comme l’anorexie, qui est très lié à la manière dont sont représentées la beauté, la figure de la femme et une certaine idée du bien-être», voilà comment la ministre Livia Turco a commenté cette campagne. Elle mène depuis des mois une campagne contre ce fléau. Sous la pression du gouvernement, la fédération de la mode italienne a notamment adopté, fin 2006, un «manifeste anti-anorexie». Ce dernier interdit la possibilité de défiler pour les filles de moins de 16 ans et exige des certificats médicaux assurant que celles-ci ne souffrent d’aucun trouble alimentaire. Il y a de quoi s’insurger contre l’inactivité des politiques français à propos de cette question. Que dire de Roselyne Bachelot ?
Les magazines féminins, les défilés de haute couture, tout est fait pour modifier les critères de beauté de notre société. Les formes sont de plus en plus bannies. On préfère voir défiler sur les podiums des squelettes pour économiser du tissu et assouvir les fantasmes des couturiers qui ont souvent une vision irréaliste de la femme. Cela ne choque personne. La campagne ne sera pas visible en France comme si seules les Italiennes souffraient de cette maladie psychologique. En effet, le Bureau de vérification de la publicité (BVP), organisme autorégulant la publicité en France. Ils entendent en substance faire valoir que l’on ne peut faire figurer sur les panneaux publicitaires une photo sur laquelle figure une personne «souffrant manifestement d’une pathologie». Ah, bon ? Les malades sont interdits de publicité ? N’est-ce pas de la discrimination ?
Ne polémiquons pas, espérons toutefois que le nombre de filles atteintes de ce mal diminue de façon considérable et que les canons de la beauté ne soit pas fixés sur physique mais sur le bien être de la personne. Une belle femme est une une femme bien dans sa peau et cela se voit. Femmes, vous êtes belles, sachez-le. Vous, les hommes, dites-le leur...














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