U n clip posté, le 1er mai 2008, sur les plateformes de visionnage de vidéos telles que youtube ou Dailymotion fait polémique en ce moment. Il met en image un single issu du dernier album éponyme du groupe house français, Justice. Son titre ? « Stress ». J’ai eu vent de cette vidéo en regardant la matinale de Canal+, ce matin. Ce morceau fait partie des nombreux titres house qui vivent et évoluent au rythme de leurs nombres d’étoiles se réduisant ou augmentant sur mon IPOD. Je dois même avouer qu’il était bien noté (4*). En effet, le morceau le mérite, il est dynamique, envoûtant et donne une sacré pêche. Dans ce cas pourquoi cette polémique allez-vous me demander ? Tout simplement parce la musique électronique permet souvent à son auditeur d’assigner le message que l’on veut à un single et ce, tant qu’un clip n’a pas été tourné. Or, dans le cas du morceau « Stress », une vidéo a été faite et cristallise un thème bien trop sensible en ce moment. La violence venant de la banlieue et la mise en scène des clichés véhiculés autour des jeunes français issus de l’immigration. Comme toujours me direz-vous ? Non, pas comme toujours. Les clichés sont criants, alimentés et amplifiés par cette vidéo à l’esthétique cinématographique. Cela paraît particulièrement réaliste. On y voit une dizaine de jeunes « bronzés », encagoulés, vêtues de blousons en cuir à l’effigie du groupe Justice et prêts à tout détruire sur leur passage avec une violence que je qualifierai de gratuite. Ils ont mis en image ce que Balavoine chantait, il y a quelques années. « Quand on arrive en ville..».
Quand ont arrive en ville -Balavoine
A l’ensemble des critiques lues ici et là, le groupe déclare que "ce film n'a jamais été envisagé comme une stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou, surtout, comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste". Ah, bon ? Elle est bonne celle là. En même temps, doit-on tout mettre sur le dos du groupe alors qu’un réalisateur est à la base de ce clip ? Je ne le pense pas. Les réponses seront apportées par Romain Gavras si on lui en laisse l’occasion. Pour moi, cette vidéo montre la violence générée en banlieue et la manière dont les médias s’en délectent au lieu de lancer un débat de fond sur le sujet afin de combattre les causes de ces actes répréhensibles.
N éanmoins, je dénonce la volonté de faire buzz s’appuyant sur des maux sociaux dont souffrent les quartiers impopulaires de France. Le danger y est montré comme venant de la banlieue. Regardez vous même :
justice stress (official video)
S arkozy n’a fait qu’agir en confirmant cela et l’opposition n’a rien fait pour le contredire puisqu’elle se complait depuis un an dans une répugnante passivité politique. Pourtant, certains arriveront à défendre ce clip en déclarant que comme c’est Kourtrajmé qui est à la base de celui-ci le message défend forcément la banlieue et cela serait illustré dans les dernières secondes de la vidéo. L’un des jeunes trublions crache au visage des journalistes les ayant suivi pendant tout le périple mis en scène par le clip un phrase qui devrait à elle toute seule résumer la pensée philosophique de Romain Gavras et les Justice. ("Alors, ça te fait kiffer de filmer ça, fils de pute ?"). Je n’ai ni lu ni entendu ce message dans cette vidéo en réalité. C’est donc de la lâcheté dont il est question ici. Personne n’assume une quelconque pensée philosophique. Tout ce que l’on voit ce sont ces jeunes qui brisent la caméra. Rien ne différencie donc cette vidéo d’un reportage du « Droit de Savoir » de Charles Villeneuve.
J
’ai une conception totalement différente de la chose. Le
concert de Justice aura lieu le 18 mai prochain ce buzz viral est
une aubaine, un moyen comme un autre (même si je le
déplore) de vendre les places restantes pour l’Olympia
et la tournée à venir. Selon moi, ce groupe n’avait
pas besoin de ce genre de publicité pour faire salle comble.
Et non, je n’appelle ni à un boycott ni à une
guerre contre les produits liés à Justice. Mais lorsque je vois le dernier
clip de Kéry James visant à redorer le blason des
quartiers populaires et la difficulté qu’il a dû
rencontré pour le diffuser sur les chaînes musicales
aussi lisses que consensuelles, je me dis que les membres du
groupes Justice auraient pu agir autrement ou éviter tout
bonnement traiter un sujet si brûlant avec un angle
pareil.
Voilà l'image que j'aimerai que l'on donne de la banlieue. A qui profite les vidéos comme celle de Justice ?
D ’ailleurs, qu’en aurait-il été si ce clip avait été mis en scène avec des jeunes blancs venus saccager la capitale ? Nous n’en aurions même pas entendu parler dans les médias et de même si le groupe n’était pas un groupe électro mais de rap. Un groupe de rap conscient (il y en pleins !!) aurait montré quelles sont le racines de cette violence même fictive et les causes de cette misère plutôt que simplement les conséquences. Elle tire ses sources d’inégalités sociales, d’enclavement des quarties populaires et du délabrement des locaux scolaires notamment, je l’ai trop dit ici. Les membres du groupe auraient du assumer et développer une idée loin des sentiers battus et de la facilité or ils ont annoncé vouloir "[..] susciter des questions" et non pas "véhiculer un message raciste" ou à inciter à la violence. Manque de pot un clip devient l’instrument de celui qui le visionne, l’utilise sur son blog ou le met sur un forum, une fois sur internet. Feindre la naïveté est une bonne façon de se défendre mais nous ne sommes pas dupes. Les quartiers populaires sont encore une fois stigmatisés. Quel est le but de cette vidéo ? Dites le moi…
C e qui me rassure en ce moment, c'est le mariage de Jamel qui montre une avancée dans les moeurs, le métissage tout comme Ladji Doucouré et la Miss France 2007. Des femmes et des hommes ne sombrent la crainte ambiante de la banlieue et apprennent à comprendre la différence jusqu’à l’aimer. Bravo à ces deux couples ! Néanmoins, ce type de clip nous fait régresser et ce n'est pas la fin de cette vidéo qui va faire évoluer mon avis à ce sujet. D'ailleurs, cela n'explique rien. En quoi le fait que les mecs refusent d'être filmés apporte au débat ? En quoi le font-ils avancer ? En rien en réalité. Les journalistes filment et ne veulent pas être responsables des conséquences de ces reportages. Justice agit de la même façon et ce, sans vergogne. Ils soufflent sur les braises encore incandescentes des émeutes et autres émeutes ayant eu lieu en banlieue. Toujours ces mêmes clichés. Qui est le responsable de l’abandon de nos quartiers populaires à la violence qui ronge comme la rouille ? La récupération par le front national en perte de vitesse me paraît inévitable. Pourquoi ? Tout simplement parce les concepteurs de ce clip ne prennent pas leurs responsabilités et n’explique pas clairement leur démarche pour cette vidéo. Si un message doit surnager de ce clip, il est une chose évidente : il ne sert en aucun cas la volonté du collectif visant à combattre les clichés autour des quartiers populaires. Romain Gavras et Kourtrajmé ont participé, malgré eux, à la tfnisation des médias et du traitement de la banlieue en leur donnant de nouvelles cartouches pour « tirer à balles réelles » sur la banlieue alors qu’ils ont toujours voulu la dénoncer. Je ne les excuse pas pour autant. Tout cela est bien triste. Voilà comment je réponds au groupe Justice et Romain Gavras :














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